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Salut les kids !

Je sais, pas un article depuis des mois et la myriade de courriers que j’ai reçue montre combien les critiques indispensables de ce blog vous ont manqué. Des vacances bien méritées et quelques menus changements dans ma vie privée m’ont tenu éloigné des bécanes, mais pas d’inquiétude, je suis de retour.

Je reviendrai donc succinctement sur quelques films vus ces dernières semaines et que je n’ai pu chroniquer.

Guy : un faux-documentaire génial, émouvant et intelligent qui parle de filiation, de vieillissement, d’art et du temps. Dans la lignée de Stories We Tell de Sarah Polley. L’interprétation d’Alex Lutz en simili Hervé Villard-Dave- Claude François est exceptionnelle. Et les chansons restent en tête. Une fin à chialer.

The Guilty : un thriller danois au suspens insoutenable et au dispositif casse-gueule mais pourtant brillamment maîtrisé. Le film se focalise sur la journée de travail d’un agent de la police danoise en poste au centre d’appel d’urgence : unité de lieu, d’action, de temps et de personnage puisqu’on ne voit pratiquement que lui. Le film se crée alors dans nos têtes à travers le son des échanges téléphoniques : très belle idée de cinéma.

Plaire, aimer et courir vite : après 120 bpm, une autre évocation des années SIDA mais surtout un récit semi-autobiographique à travers l’éducation sentimentale et artistique d’un jeune provincial homo feu follet, incarné avec désinvolture et humour par Vincent Lacoste. Interprétation également géniale de Bruno Podalydès et de Pierre Deladonchamps, canon à rentre homo le mari/cousin de Christine Boutin. C’est beau, frontal et bien rythmé, bien monté (sans jeu de mots) avec de belles idées de mise en scène et c’est même parfois éducatif et amusant tout en s’autorisant à évoquer les pratiques et les marges homosexuelles. Sans tabou ni volonté de choquer le bourgeois mais avec élégance et sensualité. Un film drôle mais également bouleversant (j’avoue Christophe Honoré arrive toujours à m’emballer et me faire chialer) sur l’amour, la perte et la solitude. Le film est d’ailleurs encadré par deux titres « solitaires » : One Love de Massive Attack et One d’Harry Nilsson. La BO du film viendra combler les lecteurs-trices des Inrockuptibles des années 90 (à l’époque où l’on se plongeait dans les très longs entretiens d’un mensuel  sobre porté sur « la musique pas comme les autres », bien loin du magazine clinquant et éphémère actuel) ou de redécouvrir Anne Sylvestre, utilisée pour la plus belle scène du film. D’ailleurs, lâchez ce blog momentanément et allez écouter Les Gens Qui Doutent.

Come as you are : Non, pas un biopic de Nirvana ou une pub Mc Donald’s. Un film qui vaut surtout pour le thème qu’il traite : les camps religieux de rééducation des jeunes homosexuels aux Etats-Unis de l’Amérique. Affligeant, voire flippant quand on sait que cela existe encore et que l’on continue d’y maltraiter des jeunes « déviants » que l’on croit pouvoir « soigner de leur pêché » par des bondieuseries et un enfermement sectaire bigot. Chloé Grace Moretz ne peut même pas écouter sa cassette des Breeders ! Touchant, le film n’a rien d’inventif sur la forme et pourra attendre un passage télé.

I Feel Good : Je sais gré à Delépine et Kervern de creuser leur idée de mise en scène sobre à l’opposé de tant de productions actuelles. Merci de poser votre caméra les gars, merci de ne pas faire des films avec 100.000 plans qui défilent toutes les trois secondes , merci de laisser le temps aux personnages dans le cadre. Bon par contre, ça serait bien de mieux cadrer. Un film sympathique burlesque et loufoque mais moins drôle qu’il n’y paraît. Mais leur prochain film sera moins aimable alors profitons-en. Une baisse de rythme pendant le film qui redémarre bien à la fin avec le road-movie dans les pays de l’Est. Ce qui fait plaisir, c’est de voir comment ils font leurs films en bande, avec des rolls comme Yolande Moreau et Dujardin mais aussi avec des acteurs méconnus, oubliés (Lou Castel, ou Joël Séria des Galettes de Pont-Aven !) ou pas connus du tout, ou pas acteurs du tout mais dont ils ont envie que leur gueule imprime l’écran parce-que ce sont des gens qu’ils aiment. Un bel hommage aux sans-grade.

Et évidemment, j’ai raté le meilleur des sorties de l’été : Burning, Under the silver lake, le Poirier Sauvage… tant pis

Chroniques à venir : les Frères Sisters et le petit chef d’oeuvre Chris the Swiss.

caresse et bise à l’oeil

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