La cagoule, un fascisme à la française.

En juin 1936, des dissidents de l’Action Française fondent l’OSARN (Organisation Secrète d’Action Révolutionnaire Nationale) plus connue sous le surnom dédaigneux de la Cagoule.

Motivée par l’anticommunisme, proche du fascisme italien et du franquisme, ce groupuscule d’extrême droite antisémite mènera des actions terroristes de déstabilisation de la République, des assassinats politiques et une tentative de manipulation de l’armée.

Cette BD en 3 tomes s’emploie à raconter cette histoire (2 tomes parus).

A la suite du suicide du ministre de l’intérieur du front populaire Roger Salengro, son successeur Marx Dormoy cherche des responsables du côté de la droite et charge le commissaire Mondanel de l’affaire, qui se dirige finalement vers d’autres réseaux.

Ambiance de polar

Les scénaristes exploitent la tension entre les motivations politiques de Dormoy et l’enquête policière de Mondanel. Ils évitent ainsi l’écueil des BD historiques habituelles au côté didactico-chiant plan-plan. Ici, la plongée dans les années 30 prend des allures de polar. Les scénaristes restituent l’ambiance, les décors et les personnages réels de l’époque tout en forçant le trait (de leur propre aveu) sur certains faits ou personnages pour un récit plus dynamique sans trahir fondamentalement l’histoire de la Cagoule. La BD rend notamment très bien compte du niveau de violence politique, physique et verbale de ces années-là, sans commune mesure avec ce que l’on peut vivre de nos jours.

Ces BD valent plus pour leur sujet, son traitement sous forme de polar et le récit que pour le dessin. Un peu figé ou approximatif, il est heureusement compensé par un beau découpage assez cinématographique.

Les deux premiers tomes évoquent pour l’instant peu l’implication des milieux patronaux notamment d’entreprises comme Lesieur, L’Oréal ou Michelin comme bailleurs de fonds de la Cagoule contre la chienlit, ou comme pourvoyeurs de militants de l’OSARN. Nul doute que le troisième tome à paraître en juin dévoilera ces aspects. A noter que le premier tome est assorti d’une interview des auteurs et d’un cahier historique très bien fait qui montre le parcours des cagoulards entre gaullisme (par anti-communisme et germanophobie) et la Collaboration.

Enfin, pour les fans de BD, une très belle BD sortie en 89 évoque également l’OSARN (les enquêtes de Jan Karta, les jours de la cagoule)

Un commentaire sur “La cagoule, un fascisme à la française.

  1. La Cagoule, un dada de ton grand-père Isnard ! il y faisait souvent allusion !!

    Le dim. 10 mai 2020 à 20:49, Des livs & des flims a écrit :

    > Wolfie posted: « En juin 1936, des dissidents de l’Action Française fondent > l’OSARN (Organisation Secrète d’Action Révolutionnaire Nationale) plus > connue sous le surnom dédaigneux de la Cagoule. Motivée par > l’anticommunisme, proche du fascisme italien et du franquisme, c » >

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