Je suis une légende

La veille du déconfinement, j’ai eu très envie, comme ça, ne me demandez pas pourquoi, de revoir Je Suis Une Légende de Francis Lawrence (2007). Pas franchement la meilleure idée pour se détendre dans la période tant le film, qui conjugue pandémie et confinement est extrêmement oppressant. Mais malgré les défauts du film et son ambiance apocalyptique, j’ai de nouveau passé un bon moment.

Adapté librement d’un livre de science-fiction de Richard Matheson, Je Suis Une Légende nous raconte l’histoire d’une découverte médicale qui tourne très mal. En 2009, le Dr Alice Krippin annonce avoir découvert un vaccin contre le cancer à partir d’un virus génétiquement modifié. Malheureusement, ce remède miracle a un effet secondaire quelque peu gênant. Il mute en un nouveau virus aéroporté qui se transmet très rapidement et soit tue les personnes contaminées, soit les transforme en monstres vampiresques hyper agressifs. Lors de la tentative d’évacuation catastrophique de Manhattan par l’armée (qui rappelle les images réelles de l’évacuation en désordre de l’ambassade américaine de Saïgon en 1975, comme vues dans Voyage au bout de l’Enfer) le scientifique militaire Robert Neville, incarné par Will Smith, décide de faire partir sa famille et de rester à New-York pour trouver un remède. Quelques personnes sont immunisées mais rapidement massacrées par les mutants. En 2012, l’humanité est dévastée et à New-York ne subsiste que Robert Neville et son berger allemand Sam.

Première moitié efficace

Avec une narration en flash-backs entre 2012 et 2009, la première moitié du film est très efficace pour instaurer une identification forte avec le personnage de Neville. On ne peut s’empêcher de penser à ce que l’on ferait à sa place, et d’observer ses choix de survie. Tel Harry Belafonte dans Le Monde, La Chair et Le Diable (1959), Will Smith se retrouve seul au monde, dans un New-York désert et post-apocalyptique. La partie la plus intéressante du film est sans doute celle où nous est déroulé son rituel de survie quotidienne entre chasse à la nourriture et recherche médicale. Une très belle scène de location quotidienne de DVD avec simulacre de relations sociales avec des mannequins disposés dans le magasin marque ce qui le différencie encore des mutants. Dès que les ombres des gratte-ciels s’étirent, Neville se réfugie dans sa maison transformée en bunker, et à travers le bruit des mutants de sortie dans les rues (le jour, ils brûlent au soleil) on devine la terreur qui s’est emparée du monde.

i_am_legend_will_smith_in_bathtub_with_samantha

Supériorité de la suggestion

Comme d’habitude pour les films de genre, le film est proprement terrifiant tant que le Méchant nous est invisible ou seulement suggéré, notamment dans un plan furtif à peine éclairé quand Neville se retrouve dans un nid de mutants attendant la tombée de la nuit dans l’obscurité d’un immeuble. A partir du moment où les mutants nous sont montrés,  le film devient moins intéressant, la monstration de la figure du Méchant faisant dévier le film vers le combat et le face-à-face de survie dans des scènes d’action à la mise en scène sans intérêt : caméra à l’épaule hystérique, cadrages et échelle de plans indigents, longueurs parfois inutiles. On est dans le tape-à-l’oeil et les grands effets habituels. Ne reste donc que le suspense de l’issue du combat.

Will Smith n’est pas à son avantage dans les séquences d’émotion et en fait parfois des caisses dans les scènes d’action mais il s’en sort plutôt pas mal dans son registre habituel swag-humour-prestance-dépense physique, et pour une fois qu’un Noir survit le dernier à Hollywood…

Ni Dieu, ni Marley.

Le film traîne deux autres gros défauts : Dieu et Bob Marley. La symbolique religieuse bien lourdingue à l’américaine ne nous est ainsi pas épargnée, ni l’hagiographie sirupeuse de cette lavasse de Bob Marley dont Neville est fan.

Comme souvent dans ce genre, Je Suis Une légende vaut donc surtout pour sa première moitié, dans l’installation de la situation et des personnages, mais l’ensemble tient la route et dans la période actuelle, le film est terriblement efficace pour bien nous foutre la trouille (plus que pour nous faire réfléchir).

 

Un commentaire sur “Je suis une légende

  1. Ah ben écoute cette critique tombe à pic car je me demandais si on le regardait ou pas. Donc à l’occasion. Maintenant qu’on deconfine je lis la peste … 🙂 J’espère que vous allez bien ! La air-bise !

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