La cour de Babel

Pour la Cour de Babel, Julie Bertuccelli a posé ses caméras dans un collège de Paris où existe une classe relais. Ce dispositif particulier permet d’accueillir des élèves étrangers non entièrement francophones, qui se seraient retrouvés largués dans une classe normale.

L’enseignement s’y fait en français. Il permet de rattraper leur retard et une acclimatation progressive de l’élève au système français. Surtout, les enfants sont mélangés avec d’autres élèves comme eux avec pour objectif une émulation collective dans l’apprentissage.

S’y mélangent ainsi des élèves aux raisons différentes d’être en France. Certains ont suivi un parent marié avec un français, d’autres ont fuit des guerres et persécutions. Ou la pauvreté a forcé leurs parents à les confier à un membre de la famille vivant en France, pour leur offrir un meilleur avenir.

 Julie Bertuccelli a choisi de se concentrer sur les élèves et de ne pas pratiquement pas filmer la prof que l’on aperçoit ou entend dialoguer avec eux. Pas de voix off ni d’explications, on est immergé dans cette classe cosmopolite avec ses débats, ses engueulades et amitiés. Le film nous éloigne des statistiques sur l’immigration et nous offre à comprendre des cas concrets humains. On apprend à connaître leurs espoirs et à mieux comprendre leur vie difficile dans la société française. A travers eux, c’est toute la question du racisme, de l’accueil des immigrés et de leur intégration qui est posée.

La réalisatrice évite d’en faire des saints et filme aussi des rapports conflictuels mais on sent chez eux un profond respect des autres cultures. Cette jeunesse est passionnante à regarder débattre (de la question omniprésente de la religion notamment), s’émerveiller, créer, s’indigner, tout ceci dans un contexte interculturel de coopération mutuelle. Comment ne pas être admiratif devant ce jeune juif serbe fuyant des persécutions qui s’occupe seul des démarches administratives pour sa famille qui ne parle pas français ? Difficile de ne pas être ému par la fierté dans le regard des parents devant les progrès de leurs enfants. Difficile de ne pas être bouleversé devant cette jeune africaine qui nous dit vouloir vivre en France pour être une femme libre.

 Le film donne espoir en cette belle jeunesse, curieuse et tolérante qui  fait mentir les clichés et discours racistes sur une jeunesse immigrée communautariste, refusant de s’intégrer voire méprisant la France. On sent surtout un espoir immense mis dans la France et ses opportunités. A tel point qu’on ne peut s’empêcher d’espérer que leurs attentes ne soient pas déçues par le sort réservé aux immigrés dans la société française.

La cour de Babel, Julie Bertuccelli (2014) 1h29

Disponible actuellement sur France TV : https://www.france.tv/films/longs-metrages/1868179-la-cour-de-babel.html

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